Petr Nikl

Né en 1960 à Zlin, République tchèque
Vit et travaille à Prague

Petr Nikl occupe une place de premier plan sur la scène artistique contemporaine tchèque. Cet artiste protéiforme aux talents multiples, à la fois peintre, poète, écrivain, musicien, performer, metteur en scène … joue avec tous les modes et niveaux d’expression. Sont travail peut être perçu comme un questionnement permanent sur l’art contemporain et ses interactions sociales.

AMEBA_160X190

Amibe

2016
Encre de chine/p. de riz marouflé sur toile
CM 160 x 180

Signé au verso

PIJAVICE_160X70

Sangsue

2017
Encre de chine/papier de riz marouflé sur toile
CM 160 x 70

Signé au verso

TVOR_160X70

Créature

2017
Encre de chine/papier de riz marouflé sur toile
CM 160 x 70

Signé au verso

HADEK_160X70

Serpenteau

2017
Encre de chine/papier de riz marouflé sur toile
CM 160 x 70

Signé au verso

Après des études à l’Académie des Beaux-Arts de Prague, il écrit ses premiers textes, développe une activité théâtrale et crée un théâtre public de marionnettes, ces dernières se modifient progressivement en objets paradoxaux accompagnés de musiques diverses.
Peintre, poète, écrivain, musicien, performer, metteur en scène, Nikl est un artiste protéiforme aux talents multiples, reconnu par divers prix, notamment
1997 MK Award pour « Pardon du paradis », Divus Publishers
1998 Prix d’humour absurde, Théâtre Ypsilon
2001 MK Award pour ses illustrations des contes d’Oscar Wilde, éditions Aulos
2002 MK Award pour le livre « Rybaba and The Sea Soul », Blue Elefant, éditions Meander

2004 Ecole Supérieure des Beaux-Arts, Marseille, France
2003 et 2001 Mikulov Art Symposium, Mikulov, République tchèque
1996 Headlands Center for the Arts, Sausalito, CA

2018
Les Bohèmes, Galerie L&C Tirelli, 1800 Vevey, CH, 2018

2011
Dialogue avec ma mère, Centre Culturel tchèque, Paris

2010
Play, projet interactif, Prague Manes,

2006
Orbis Pictus, Centre Culturel tchèque, Paris

2005
Exposition universelle d’Aichi, mise en œuvre de la présence tchèque, Aichi

Les Bohèmes, Galerie L&C Tirelli, 1800 Vevey, CH, 2018
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J‘explore la manière dont le caractère fortuit et aléatoire de taches naissantes prend du sens et à quel point il est important de stimuler l‘imagination.

Depuis un certain nombre d’années je me suis essayé à plusieurs types de dessins automatiques et tente d‘éviter de raisonner pour ne pas affecter la morphologie des formes. En effet, l‘obstacle le plus fréquent dans ce mode de production est la main de l’artiste avec ses habitudes et ses limites.

Ces cinq dernières années, je me considère un peu comme un initiateur dans la création de dessins pigmentaires créés à l‘aide de coléoptères mécaniques, appareils et jouets qui distribuent eux-mêmes la couleur sur le papier et je suis fasciné par l’imagination effrénée de ces mécaniques.

Pour la première fois il y a huit ans j‘ai utilisé le papier, qui telle une sangsue absorbe la tache de couleur déversée sur lui.

Et, il y a 3 ans, à Pékin, j‘ai découvert l‘encre de Chine et le papier de riz.

Contrairement aux pigments propulsés par l’eau sur des surfaces glissantes, j‘ai pu constater sur ce support, la croissance organique de la couleur versée, et fus dès lors séduit par la morphologie des formes obtenues qui malgré mes tentatives pour les influencer se répandaient indépendamment.

Dans ce travail, j’abandonne toute volonté préméditée relative à des formes spécifiques et me contente de n’être que le déclencheur des ruisseaux d‘encre, le serviteur de leur fluidité.

En fait les images ne me semblent convaincantes et autonomes que lorsqu‘elles ne sont pas conduites par une vision antérieure. Elles se produisent rapidement à travers un seul déversement et séchage et ne supportent pas de retouche additionnelle. Je ne peux rien déterminer à l‘avance sinon, la forme n‘apparaît pas, la fluidité me nargue…

Apparaît alors une tête d‘un chat que je n‘ai pas prévue, un poisson que je n‘ai pas rêvé…. Ce ne sont pas mes motifs, je ne me sens pas leur auteur, Je suis simplement une présence à l’écoute de leur croissance. Cela leur donne un aspect plus réel.

Ensuite, dans mes peintures, j‘ai copié certaines des taches en pulvérisant des pigments de graphite sur les toiles. J’ai pu alors ressentir une forte poussée d’émotion à la naissance de schémas involontaires.
De quoi s’agit-il?
Quel est le sens de tout cela ?
Est-ce un épuisement de ma propre pensée?
Une aptitude à récolter des formes aléatoires?
Une fuite devant moi-même?
Un étourdissement face à la croissance naturelle?
Une autre découverte de l‘Amérique?
Une simple joie de l’imagination?

Je ne sais pas.

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