Gabriele Simei

Né à Rome en 1967.

Vit et travaille à Rome.

Sculpteur.

Incisioni Selvatiche

Gabriele Simei

L’alchimie magique de la nature, entre perception primitive et relation poétique.

Feuilles, branchages, fragments épars ramassés ici et là, tôt le matin ou tard le soir dans un monde sauvage, caché au creux d’un espace secret, au fin fond de la Magliana, à Rome…. C’est dans cette nature désordonnée et broussailleuse que Simei se rêve en poète alchimiste.
Chaque jour il se confronte, avec patience et détermination, à la rencontre fascinante du métal et du feuillage choisi puis déposé avec soin sur la plaque métallique enduite d’un peu d’acide, un dosage léger, mystérieux… Après vient l’attente, l’artiste observe la transmutation et la lente évolution de la plaque jusqu’à l’apparition de l’image créée par la feuille. Tout ce processus tient un peu de la magie, mais d’une magie lumineuse, sans sacrifice, la feuille sera réutilisée encore et encore, matière première, source de l’oeuvre, dépositaire d’une histoire secrète qui se déroule de plaque en plaque.

L’artiste lui, agence les signes et le raffinement de ce travail réside dans sa conception même, le seul choix déterminant est celui du fragment de nature, du support métallique, acier, métal, laiton, bronze, tout le reste relève du mystère de l’alchimie. C’est la nature qui est à l’œuvre et génère ce monde mystérieux, miroir de l’humanité, un monde éternel, tranquille ou agité selon la fusion et la relation entre le naturel et le métallique.

Tout cela nous dépasse, cette alchimie apparemment faite de petits riens juxtaposés nous entraîne dans une forme de quête, de réflexion sur l’immortalité mais aussi sur la puissance infinie de la nature.

Catherine Tirelli

Les informations

Initié au travail du fer et à la ferronnerie par son père, Gabriele Simei se spécialise dans le design contemporain en collaborant aussi bien avec d’importants bureaux d’architecture internationaux qu’en réalisant des pièces, sculptures et oeuvres pour des artistes de renommée mondiale. Cette confrontation le porte naturellement vers la création artistique.

En 2003, exposition d’une sculpture de métal et bois de 4 m de hauteur dans une usine désaffectée.

En 2007, sous l’égide le la Sovrintendenza ai Beni Culturali, réalisation d’une installation permanente sur Ponte Milvio, à Rome. Cette installation tissage de coeurs et de chaînes sur lesquels peuvent s’insérer les dits « cadenas de l’amour » connaitra un grand succès à tel point que deux expositions sur la thématique du coeur seront programmées.

En 2010 début d’une série appelée Flussi, exposée tout d’abord au Musée de Villa Torlonia, Casina delle Civette à Rome, puis dans diverses galeries et espaces publics.

A partir de 2010 il concentre ses recherches sur l’acidification et l’oxydation de différents métaux et se consacre à la réalisation de pièces « utilisant » la nature. En effet, il imprime sur des plaques de fer ou de cuivre des feuillages sauvages récoltés autour de son atelier au bord du Tibre. C’est ainsi que naissent des fossiles métalliques passeurs et témoins de la richesse et l’énergie de la nature environnante.

Toujours à la recherche d’un patrimoine ancien et d’une mémoire perdue, ses dernières expérimentations portent sur les tissus, couvertures, tapisseries, broderies, signes d’un temps révolu et chargés d’une mémoire sur les savoirs faire passés qui par le biais de l’acidification et de l’oxydation sont transposés sur des plaques métalliques travaillées et ondulées.