Gianni Dessì

Né en 1955 à Rome
Vit et travaille à Rome

PEINTRE, SCULPTEUR, SCÉNOGRAPHE, PHOTOGRAPHE

La vision très libre de l’art de Dessì est sans doute une émanation de l’Arte povera mais surtout la manifestation de l’extraordinaire talent de scénographe, qui donne à son travail puissance, force et cohérence. Ses oeuvres à la fois rigoureuses et ironiques sont des clins d’œil au rôle de l’art, des maîtres et du passé.

Gianni Dessì s’est débarrassé des règles de l’art pour repenser sa création comme une réflexion sur la nature de l’art.

GIANNI DESSÌ TERRA TERRE

Istres  Polaris 14 février – 4 avril 2026

En partenariat avec la Galerie L&C Tirelli

Terra Terre, une invitation au voyage.

Cette exposition sera un voyage non seulement dans l’univers de Dessì mais surtout dans le nôtre.

L’artiste, en effet, nous invite à changer de point de vue et regarder différemment le monde qui nous entoure. En l’occurence tout commence dans l’espace de Polaris où une série de figures dessinées à même le mur, peintes sur divers supports ou sculptées vont nous accueillir, esprit ouvert et vigilance seront de mise, la scénographie de Dessì est sophistiquée mais accessible et laisse un réel espace de liberté.

Avant toute chose il est important de savoir que l’artiste, Gianni Dessì, est d’abord un sculpteur et un scénographe, puis un peintre, son approche spatiale est donc toujours un ensemble de projections de volumes et jeux de contrastes ombres et lumières au service d’une conquête multiple de la forme.

En franchissant l’entrée nous sommes immédiatement confrontés à Chiodo fisso, une oeuvre dessinée au fusain sur le mur et le sol, cette oeuvre donne tout le tempo de l’exposition et le dessein de l’artiste : nous prouver que nous sommes libres de voir, penser et choisir. Chiodo fisso une figure ou plutôt une forme, une image intérieure se répandant dans l’espace, dans le monde, une forme libre, développée sans toile, sans cadre vient nous rejoindre…seuls les fils métalliques, partant du coeur de la forme et accrochés aux murs de part et d’autre, marquent les différents point de vue possibles et donc nous obligent à concevoir l’image dans ses multiples facettes. Cette oeuvre résume la pluridisciplinarité de l’artiste, elle est à la fois sculpture, dessin, mise en scène.

Les autres oeuvres picturales, sur papier, sur toile, sur panneaux, sont disposées selon un tracé très organisé d’un espace à l’autre, il s’agit le plus souvent de visages anonymes et de corps, qui se tournent vers nous, nous regardent et nous questionnent. Nous sommes donc face à une forme de fluidité et, en se déplaçant devant les oeuvres, nous découvrons la richesse de la matière, ses mouvements, son intensité et ses nuances. Tout est toujours question de point de vue même quand il s’agit de mesurer le rôle de la gamme chromatique le plus souvent, hormis le noir et le blanc, réduite aux trois primaires. Nous voilà donc embarqués dans ce voyage dont la liberté est l’axe essentiel et, d’une oeuvre à l’autre, notre regard va se surprendre à chercher les pièges visuels, à découvrir des surfaces et des espaces différents.

Puis, bien sûr, que serait une telle exposition sans quelques sculptures ?….Elles sont au nombre de quatre, disposées le plus souvent au centre d’un espace. Uno ou Terra Terrae, oeuvre pratiquement éponyme du titre de l’exposition, répond à sa manière à l’idée d’ouverture annoncée par Chiodo fisso. Cette sculpture, blanche et noire, en fibre d’agave, polystyrol, résine et ciment nait de la terre, prend forme, se réveille dans sa forme circulaire et protectrice ,elle devra par la suite se déployer au monde dans un univers encore inconnu. Les trois autres sculptures sont des figures ou plutôt des visages placés sur un socle pour deux d’entre elles, Base per altezza et Camera picta et, la dernière, Senza titolo, est simplement posée à terre dans un tissage visuel de lignes tracées sur les murs et le sol, le but étant toujours de nous faire changer de point de vue.

En effet, la question du point de vue que l’on peut nommer approche optique est essentielle au travail de Dessì et, si cette approche apparait comme une évidence chez le sculpteur elle se joue chez le peintre dans un travail en relief de la matière qui à nouveau ne se perçoit que si nous prenons le temps de la découverte et de la lenteur. Mais souvenons-nous, rien de pédagogique ici, tout est toujours une invitation, invitation à entrer dans une boucle progressive et peu à peu élargie, passant de la thématique de l’identité à celle du miroir «  Qui suis-je ? Qui sommes-nous ? ». Interrogation récurrente et existentielle. 

Chez Dessì, tout est toujours question de réflexion, et, comme nous l’avons déjà dit à maintes reprises, de lenteur, de mesure et surtout de regard… Face à ses oeuvres, le spectateur doit savoir prendre le temps d’observer, d’aller au delà de la forme ou de la couleur parfois aveuglante, il doit accepter d’être pris à contre-pied et d’être embarqué dans une expérience différente, ouverte et individuelle…un voyage initiatique.

C. Tirelli, janvier 2026

Les informations

Gianni Dessì est né à Rome en 1955, il fait partie de la génération post Arte Povera qui effectue un grand retour vers le pictural à travers la peinture en explorant ses possibilités infinies.

Après des études de scénographie à l’Académie des Beaux-Arts de Rome, Gianni Dessì collabore avec le théâtre d’avant-garde, puis participe à de nombreuses expositions en Italie et à l’étranger.

Représenté à la Biennale de Venise de 1984, 1986 et 1993, Gianni Dessi développe et modifie progressivement son langage artistique en faisant dialoguer peinture et sculpture.

En 2014 Dessì a travaillé à Beijing dans le cadre d’un projet monumental installé à Parkview Green où plusieurs de ses sculptures y occupent l’espace public.

2017 – 2019 Gianni Dessi est Président de l’Accademia di San Luca à Rome

A la fin des années 1970, il collabore avec des groupes de l’avant-garde théâtrale tout en développant une peinture épaisse mêlant divers matériaux et organisée généralement autour d’un élément central proéminent. Il expose régulièrement en Italie et ses œuvres sont présentes dans de nombreux musées et collections internationales (Groninger Museum, MoMA, Les Abattoirs Toulouse, Saint-Etienne Mam ).

Les peintures, qui ont été au cœur de sa création depuis la fin des années 1970, deviennent presque des objets dans lesquels caoutchouc, ciment ou surfaces noires sont pris dans une résine brute. Les sculptures quant à elles sont présentées selon des modalités très précises, utilisant systématiquement des aplats noirs ou jaunes, sur l’œuvre, son socle ou le mur qui lui sert de scène.

Représenté à la Biennale de Venise de 1984, 1986 et 1993, Gianni Dessi développe et modifie progressivement son langage artistique en faisant dialoguer peinture et sculpture.

En 2014 Dessi a travaillé à Beijing dans le cadre d’un projet monumental installé à Parkview Green où plusieurs de ses sculptures y occupent l’espace public.