Le portrait contemporain entre force et fragilité
Le portrait entre force et fragilité, du 23 juillet au 15 août 2026
Rossella Fumasoni, Hannu Palosuo, Saro Puma, Barbara Salvucci, Maurizio Savini, Gabriele Simei…
Le portrait contemporain, un défi toujours renouvelé…
À l’heure du débordement de l’usage amateur de la photographie numérique et de l’IA, nous sommes envahis et obsédés par la frénésie d’images et de représentations de soi et d’autrui et, plutôt que de parler de la dilution d’un genre « le portrait » nous préférons une approche plus positive et évoquer sa réappropriation grâce au mélange des techniques et des styles.
En effet, le portrait traditionnel est devenu si démodé que, sans en comprendre la subtilité et la richesse de ses multiples références, on ne voit en lui que le vestige désuet de sociétés passées, mais, malgré cette perception pour le moins négative on assiste depuis les années 50 à un renouveau du genre, un renouveau témoin de sa vitalité et surtout de l’importance de la représentation de l’individu comme coeur social.
Bien sûr la renaissance du portrait aujourd’hui est stimulée par le mélange des techniques, le jeu des approches variées, le développement des médias, des industries culturelles, mais aussi de la psychanalyse. Il se déplace vers une dimension intérieure, un approfondissement de la psyché présentant attitudes, états d’âme, situations et même si les regards se détournent ou n’affrontent plus le public, en se décloisonnant le portrait contemporain n’est plus le portrait d’un individu lambda, il est un espace, une île de suggestions diverses et contrastées.
Un tel constat nous a poussés à regrouper quelques portraits et présenter les subterfuges d’artistes sachant se jouer d’un genre qui n’en est plus un, au sens traditionnel, mais devient un relai entre le monde et nous, le miroir de nos rêves, d’une vie intérieure…
Nous présentons donc des portraits contemporains qui par leur diversité, vont vous raconter des histoires, vous confronter, dialoguer et inventer pour vous d’autres mondes.
Rossella Fumasoni, peintre et poète, mélange avec délicatesse collages, fragments de textes, peinture et surtout choisit pour chacune de ses pièces un titre qui est en quelque sorte l’acmé de l’oeuvre, oscillant entre mystère et évidence, le tout teinté d’un brin d’ironie.
Hannu Paluoso, définitivement peintre choisi de donner corps à des attitudes, la matière est épaisse, le support est une toile de sac de café, et les titres renvoient toujours à une promesse…
Saro Puma, propose des figures évanescentes, gracieuses et légères, absorbées dans leur univers.
Barbara Salvucci, présente Ulpia Severina, celle qui n’eut qu’une existence fugitive, fut absente de toutes les sources, n’est ici qu’un corps enveloppé de voiles multiples. Ulpia fut une impératrice romaine du IIIè siècle, épouse d’Aurélien de 270 à 275, elle régna sans doute sur l’Empire durant quelques mois en 275, après l’assassinat d’Aurélien.
Maurizio Savini, dans ses portraits donne forme à une idée « Non tutti abbiamo l’oro dentro ».
Gabriele Simei, avec ses livres sculptés en divers matériaux il nous offre un portrait poétique, magique et secret des amoureux de la lecture.
Catherine Tirelli, juillet 2026
